L'anémone du Japon

La fleur d'automne

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Les anémones étaient connues depuis toujours et cultivées en Occident. Cependant, l’intérêt pour ces fleurs augmenta sensiblement avec l’introduction depuis Constantinople d’une variété à fleur complexe, double ou aux pétales plus nombreux encore. Les couleurs – le blanc, le rouge, le vert et le bleu avec toutes nuances inimaginables – étaient souvent combinées ensemble dans la corolle de la même fleur.
Les dates d’introduction sont incertaines, mais Charles de Lescluse, au temps où il était directeur du jardin botanique de Leyde, mentionne dans un ouvrage édité en 1601, une anémone rouge à fleur double connue sous le nom d’ « Anemone hortensis tenuifolia pleno flore », qui se trouvait déjà dans les jardins de Flandre et de Vienne, mais qu’il avait reçue directement de Constantinople.
La passion pour les plantes a continué à s’affirmer, parallèlement à l’intérêt pour les plantes à bulbes qui a touché l’Europe du XVIIe siècle.
Après les variétés venues d’Anatolie, on a vu se créer de nombreux hybrides dans les jardins italiens – pour la création desquels les Génois ont une part considérable -, mais aussi dans les jardins français et hollandais. Ce moment de gloire ne dura qu’un siècle, avant de connaître un déclin progressif jusqu’à nos jours.



Une plante vivace

L’anémone du Japon que l’on trouve dans le commerce est très souvent un hybride obtenu à partir de l’espèce « Anemone hupehensis » originaire de Chine, elle appartient à la famille des renonculacées.
Cette plante vivace forme une touffe aux feuilles décoratives. De taille importante, elle est composée de 3 folioles découpées et dentées, portée par un long pétiole fixé à une tige robuste qui peut dépasser 1 mètre.
La floraison débute en fin d’été pour se poursuivre jusqu’aux gelées, elle apporte une touche gracieuse de coloris délicats qui vont du blanc au rose pourpré suivant les variétés. Le nombre de pétales varie aussi car les fleurs peuvent être simples, doubles ou semi-doubles. Le gros pistil vert est entouré d’une couronne d’étamines dorées.
Cette plante est précieuse pour qui veut des fleurs sans-souci, elle est bien rustique et robuste. Il faudra l’installer dans un sol bien drainé et riche qui ne manquera pas d’humidité, en situation ensoleillée ou a mi-ombre. Néanmoins, elle supporte bien la sécheresse.
Au bout d’un certain temps d’adaptation elle se mettra à fleurir abondamment et à produire de nouveaux pieds aux alentours parfois encombrants. Cette tendance à l’envahissement peut être exploitée pour multiplier la plante en prélevant ces pieds surnuméraires, sinon pensez aux voisins. On utilise l’anémone en massifs ou pour les bouquets.
Comme toutes renonculacées, l’anémone du Japon est toxique, son ingestion peut provoquer des troubles digestifs très douloureux, des troubles cardiaques ou respiratoires…
 


Principales maladies et ravageurs

Le mildiou : un champignon spécifique à cette plante peut très rapidement ravager tout un massif d’anémones. Il est reconnaissable par des taches sur la face supérieure des feuilles et par un duvet blanchâtre sous sa face inférieure. Pulvériser assez souvent un fongicide à base de mancozèbe.
La rouille : des petits points oranges apparaissent à la face supérieure des feuilles. S’ensuit un jaunissement de celles-ci et le desséchement du feuillage. Dès l’apparition des taches, traiter avec un fongicide à base de myclobutanil.
Les nématodes : sur les racines, des galles blanches apparaissent entraînant une pourriture des tiges. Ces nématodes peuvent provoquer le dépérissement de la plante, voire même sa détérioration. Aucun traitement chimique n’est autorisé en jardin. Il est toutefois recommandé de changer les végétaux de place.
Les pucerons verts : d’environ 2mm de long, ceux-ci déforment les feuilles en les cloquant. C’est le même puceron que celui rencontré sur le pêcher. Il faut, en cas de fortes attaques, pulvériser 1 à 2 fois à quelques jours d’intervalle avec un insecticide systémique tel le pyrimicarbe.